2.1_historique 2018-08-03T17:48:08+00:00

ARISTIDE BRUANT ET FRÉDÉ

Les pères fondateurs

Aux environs de 1900 on commençait à détruire les vieilles maisons de Montmartre comme la maison D’Hector Berlioz (et à construire des immeubles). Pour ne pas qu’on le démolisse et le protéger des promoteurs Aristide Bruant achète le Lapin Agile. C’est ainsi que Frédé a pu continuer à l’exploiter. En 1923 Aristide Bruant le revend à Paulo, fils de Frédé.

AU LAPIN AGILE

Le cabaret authentique

« Au coin de la rue Saint Vincent et de la rue des Saules, situé sur la pente nord de la Butte Montmartre, apparait le vieux Lapin Agile posé, depuis près d’un siècle et demi, sur la terre comme un lampe sourde. Une étrange petite maison de Noël où chacun peut entendre la chanson de son attendrissement personnel. » (Dixit Pierre Mac Orlan)

En 1879, le peintre caricaturiste André Gill peint une enseigne représentant un lapin sautant d’une casserolle : » Le Lapin à Gill » qui se change tout naturellement en LAPIN AGILE

PÉPINIÈRE DE TALENTS

PICASSO, BRUANT, APOLLINAIRE ET LES AUTRES…

Un peu avant 1900, Frédé, figure inoubliable de Montmartre, donne une impulsion artistique déterminante au cabaret. Pour la première fois peut être, des arts différents vivent en communauté. Des écrivains, des poétes, des musiciens, des comédiens, des sculpteurs, tous alors inconnus, se côtoient, se critiquent, se moquent, s’entraident aussi. Autour de la guitare et du violoncelle du Père Frédé, naît la richesse de l’histoire du Lapin Agile, dans les veillées, où chacun joue, récite, chante ses oeuvres, et reprend en choeur les chansons populaires. Leur dénominateur commun, l’humour dans la camaraderie. Ces inconnus s’appellenr Picasso, Utrillo, Derain, Braque, Modigliani, Guillaume Apollinaire, Max Jacob, André Salmon, Pierre Mac Orlan, Francis Carco, Roland Dorgelès, Gaston Couté, Jules Depaquit, Caran d’Ache, Forain, Charles Dullin, etc…

Entre toutes les histoires qui forment le légendaire du Lapin Agile, il faut citer celle demeurée fameuse du peintre « Boronali » dont l’oeuvre exposée au Salon des Indépendats obtint un succès considérable auprès des critiques d’Art de l’époque, puis un triomphe de fou-rire quand on sût que la toile « Coucher de soleil sur l’Adriatique » avait éte peinte à la terrasse du Lapin Agile, et devant un huissier, par l’âne de Frédé, Lolo, à la queue duquel Roland Dorgelès et André Warnod avaient attaché un pinceau trempé successivement dans des pots de peintures de couleurs différentes !

PÉPINIÈRE DE TALENTS

Aristide Bruant avait acheté en 1913 le Lapin Agile pour éviter qu’il ne périsse sous la pioche des démolisseurs. Il le revendit en 1922, dans des conditions les plus amicales au fils de Frédé, Paulo, son unique élève. Tout de suite, sous la direction de Paulo et plus tard avec sa femme la chanteuse Yvonne Darle, le lapin Agile prend un essor important, le spectacle s’organise, des chanteurs, des poètes, des musiciens peuvent y faire leurs débuts. On y voit dans les années 30, s’y produire pour la première fois en public, Rina Ketty, Pierre Brasseur, André Pasdoc, Claude André Puget, Pierre Asso, Jacques Pills, Clément Duhour, et dans les années 40, Pierre Dudan, Jean-Roger Caussimon, puis dans les années 50/60, Alexandre Lagoya, Ida Presti, Georges Brassens, François Billetdoux, André Reybaz, Annie Girardot, Yves Mathieu, fils d’Yvonne Darle, Jacques Esterel, Claude Nougaro, alors tous inconnus. De même, plus près de nous, Jacques Debronckart, Georges Zamfir, Frédéric Lodéon, Pierre-Yves Artaud, Eric Robrecht etc…

« Aujourd’hui encore, on y boit les traditionnelles cerises à l’eau de vie et les gens qui se groupent sous la lampe voilée, autour de quoi les chansons s’enroulent ne sont pas d’une autre essence que ceux qui venaient méditer sur leur infortune, ou chanter devant l’âtre du Père Frédé. »(Mac Orlan)

VEILLÉES ÉTERNELLES

Dans le Spectacle actuel « Chanson, Musique, Humour, Poésie » , on retrouve justement l’atmosphère de ces veillées, où chacun écoute l’autre et partage avec lui son plaisir. Le public est de plus en plus sensible à cette forme de spectacle et avide de découvrir de nouveaux artistes que l’on ne voit pas encore à la télévision. Sollicités, tant par des organismes français qu’étrangers, nous décentralisons de plus en plus notre spectacle. Quels que soient les lieux, les salles qui nous accueillent, nos décors et notre troupe recréent fidèlement l’ambiance et l’atmosphère de nos veillées. Toutes les expériences tentées ont confirmé d’emblée l’enthousiasme et l’intérêt que « le Lapin Agile suscite partout. »

AMBASSADEUR D’UN PATRIMOINE

Le Lapin Agile se hisse aujourd’hui au niveau des noms les plus prestigieux de notre patrimoine artistique. Dans le domaine de la peinture, de la littérature, du chant, de la poésie, de la musique, des chansons populaires, il véhicule l’image d’une tradition française et parisienne, appréciée des publics du monde entier. Son large répertoire est l’Ambassadeur privilégié d’une culture française toujours très demandée hors de nos frontières. Comme l’a dit un jour Claude NOUGARO :

« Le LAPIN AGILE c’est le coffre-fort de l’éternité ».